Juan Rojo
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Mise en Abyme

Les œuvres de Juan Rojo dans cette exposition à Galerie 21 font appel au discours sur la « mise en abyme ».
En effet, même si par définition, les œuvres d’un artiste, sont en partie, une façon d’éclairer l’énigme de soi-même pour soi, ici Juan s’applique à transfigurer le réel en une sorte de mythe. Comprendre le monde et sa place dans celui-ci est pour tout un chacun un grand questionnement.
C’est peut-être la période ou notre humanité a été la plus déconcertée : lors de la pandémie, que le désir de Juan d’explorer sa possibilité d’action et d’intervention dans le monde de ses œuvres a été le plus fort. Se mettre directement en abyme ou ses proches est une façon de guérir de ses doutes.
C’est en tout cas un effet performatif. La projection d’une réalité par niveau de doutes ou d’espoirs, une insertion d’images décalées dans le temps et dans la picturalité choisie, procure une supposition à l’intérieur de la fiction. À distance, de ce qui se joue à l’intérieur de l’œuvre, on distingue la part de rêve de l’artiste : cette volonté ou pas, d’habiller ses sujets en une sorte de fantaisie irréelle.

Il est bien évident que cette analyse ou plutôt ces ressentis, ne sont que les miens, chaque spectateur des toiles de Juan Rojo y trouvera sa lecture.
La mise en abyme apparaît pour Juan, comme un précieux outil permettant d’établir des ponts, des fonctionnements, et par conséquence une traduction de ses sentiments dans son œuvre.Des personnages comme témoins, portraits de l’essence intime du sujet, à la manière de nos anciens…
Une pose qui se transforme en une fable, révélant des fleurs en guise de chevelure, ou des oiseaux virevoltant autour de celles-ci.
Ce travail entre symbolisme et surréalisme est le jeu de la différence, une belle façon de créer une distance entre l’auteur et son double.
À sa manière Juan tente de maîtriser l’intérieur, au-delà des mémoires. Et peut-être,  l’artiste vise t-il,  le désir de se survivre, passant outre ce moment « T » encombrant de la première expérience. C’est pourquoi, dans cette exposition de Rojo, les toiles sont appréhendées comme un tout qui se réfléchit, en plusieurs niveaux, par degrés d’hypothèses. Une « réflexion » dans une multitude d’évidences.

Text by Sylvie Amigo, gallery director at Galerie 21, Toulouse France.
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